11/08/2016

Je me souviens que j'ai voulu apprendre à jouer du piano à mon adolescence. Une expérience horrible, dont je préfère finalement pas parler ... ou alors juste pour dire que je crois que mon professeur m'en veut toujours, 15 ans après.

Qui n'a pas un jour rêvé de jouer d'un instrument de musique ?
Pas moi en tout cas.
Le piano on m'y a obligé. Après ça je crois qu'on ne m'a plus obligé à rien, tant c'était horrible ...

Voilà le responsable d'une telle réflexion :

Editeur : Gallimard
Collection : Du Monde Entier
Parution : mars 2016
Pages : 304

Résumé :
Le vieux roi de Gaya se meurt. Ara, l’une de ses demoiselles d’honneur, s’enfuit dans la nuit afin de ne pas être enterrée vivante avec lui, selon la coutume en vigueur. Tandis qu’elle s’échappe, trente autres élus sont conduits à leur dernière demeure et Ureuk, le maître de musique, est convoqué à la cour afin de trouver le son parfait pour accompagner les funérailles royales. Yaro le forgeron est lui aussi rappelé à son devoir. On lui demande non seulement de réarmer le pays qui est sous la menace du royaume voisin de Shilla, mais aussi de couler les fondations de la tombe du souverain défunt. Dans un roman épuré se déroulant dans la Corée du VIe siècle, Kim Hoon évoque des destins individuels à l’ombre de l’Histoire de leur pays, secoué par la violence et la guerre. Malgré le bruit et la fureur du monde extérieur, tous sont à la recherche de leur vérité intime, tout comme le musicien Ureuk est en quête du parfait chant des cordes.

Ce livre est arrivé en France à l'occasion du dernier Salon du Livre (renommé Salon des Editeurs si je ne dis pas de conneries) et qui était dédié, en cette année 2016, à la Corée du Sud (difficile de dédier quelque chose à la Corée du Nord de toute façon ...). Si je l'ai choisi, c'est parce que parmi tous les autres livres arrivés en même temps, c'est celui qui avait l'air le moins chiant.
Et il s'est avéré être le genre de livre auquel on est heureuse de donner une chance !
J'avais juste l'impression de lire une extension de la nouvelle de Marguerite Yourcenar : "Comment Wang-Fô fut sauvé", sans déconner ! (et si vous avez pas lu celui-là, crotte à vous!)
Tous les personnages sans exception semblaient sortir tout droit des "Contes des Mille et Une Nuit" !!

Ara m'a particulièrement émue, jeune femme sans importance dans cette Corée royaliste et férue d'astrologie (les étoiles parlent presque dans ce bouquin, c'est stupéfiant !), tentant, malgré les traditions séculaires, d'échapper à un destin atroce. Mais, en prenant la fuite, elle jette une ombre maudite sur les funérailles du roi, car aucun corps ne doit manquer autour de la sépulture royale. Mais alors la guerre, la mauvaise santé du nouveau souverain, tout ça ne serait-il pas de sa faute ? Les étoiles seraient-elles en colère que la tradition ait été bafouée ?
Et pendant ce temps-là, Ureuk fait son petit bonhomme de chemin. Chargé de jouer de la musique, de danser et de chanter lors des funérailles, il assiste dès lors à quelque chose de singulier et, persuadé que, effectivement, la fuite d'Ara a éveillé une colère astrologique, il se retire. Mais pas parce qu'il a peur. Non. Parce que son rêve est de faire chanter les cordes de la plus parfaite des cithares (en fait, ça a un autre nom, mais j'ai oublié ... ) et un projet fou l'anime. Moi perso, j'avais l'impression d'entendre la musique tant les mots étaient beaux !
En parallèle de ces deux personnages auxquels je me suis énormément attachée, nous avons les guerres. Car le royaume de Gaya est attaqué par un royaume voisin opportuniste désirant profiter de la confusion suite à la mort du roi. Et nous avons Yaro, personnage détestable au possible, que j'ai aimé haïr, qui va participer malgré lui à quelques batailles d'un réalisme stupéfiant qui me laissaient à chaque fois essoufflée !

J'ai particulièrement apprécié les quelques touches d'irréalisme, et les quelques brins de fantastique que l'auteur a su installer ça et là.
Des légendes sont nées à cette époque, ayant toutes plus ou moins le visage de Ara, des malédictions aussi, complètement incroyables, et pourtant j'avais envie d'y croire ...
Mais ! Faut pas oublier que ce que Kim Hoon raconte est vrai, incroyablement documenté, on est donc plongé tête la première dans l'horreur des massacres et dans l'esprit des puissants qui considèrent la populace comme partie négligeable et sacrifiable si besoin. Et ça, ça me fout en boule (protectrice des opprimés ! Je vais me recycler dans le Wonder Woman taille 44)

C'est l'une des raisons pour laquelle j'en ai pas fait un coup de cœur. L'autre, c'est qu'il ne faut pas oublier que, comme la plupart des écrivains asiatique (j'en fais pas une généralité, c'est juste un constat personnel) Kikim a une écriture très contemplative, très lente et poétique. Ça m'a fait du bien de lire ça, je pense que j'étais bien en phase à ce moment-là (je venais de remettre ma lettre de démission je crois) mais un peu plus de castagne m'aurait pas fait de mal non plus. 
Chassez le naturel et il revient au galop ! Est-ce que je vous ai déjà dis que j'ai mordu mes petits camarades jusqu'à l'âge de 6 ans ? Bah maintenant vous le savez.

Du coup, vous qui me connaissez, vous savez que j'suis une grosse curieuse (retenez le grosse, curieuse on s'en fout), alors j'ai également lu, du même auteur :

Editeur : Gallimard
Collection : Du Monde Entier
Parution : février 2006
Pages : 327

Résumé :
Yi Sun Shin est condamné à mort. Lors de la première bataille de l'armée coréenne face à l'envahisseur japonais, il a désobéi au roi pour sauver ses hommes. Nous sommes en 1592, et lorsque la défaite menace le royaume peu de temps après, seul Yi Sun Shin paraît en mesure d'éviter le pire. Sa condamnation est levée, et il est nommé commandant en chef de la flotte coréenne. La guerre sera longue, et se jouera essentiellement sur la mer. Yi est un stratège hors pair ; les batailles navales qu'il mène - et gagne - sont un modèle d'intelligence. Elles n'en sont pas moins exemptes de cruauté, et le commandant nous décrit autant ses doutes et ses angoisses que la violence du sabre : les succès militaires de chaque côté se mesurent en nombre de têtes tranchées. Comment échapper à la cruauté quand on doit faire son devoir ? Et comment oublier la mort de son propre fils, ou le parfum d'une femme aimée, dans la solitude du pouvoir ? Ce récit d'un homme qui affronte une mort certaine, et qui s'interroge sans cesse sur le sens de sa vie, est d'une beauté et d'une poésie bouleversantes. Les pleurs du sabre - ce sabre qui vibre au moindre mouvement intérieur de son maître - répondent aux pleurs silencieux du héros, pour devenir chant...

Apparemment, c'est avec ce titre qu'il se serait fait une place dans le monde de la littérature Coréenne, malheureusement j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup moins accroché !
Déjà, je n'ai eu aucune empathie avec Yi Sun-mon-cul. Un vieux marin sur le retour condamné à mort puis réhabilité, et qui attend passivement de mourir. Certes c'est un stratège hors pair, un bon capitaine mais ...
Ensuite, les chronologies se mélangent entre l'année de son arrestation, en 1592, et celle de sa réhabilitation, en 1597, et ce n'est pas toujours indiqué, du coup je me perdais (en même temps je me perds dans la maison de ma mère donc euh ...). Pour finir, il ne s'agit en fait que d'un enchaînement pratiquement sans fin de batailles navales, de rapport de combat et de tactique de guerre, je n'ai pas retrouvé la poésie si belle présente dans "Le chant des cordes", et ça m'a déçu. Evidemment, si je le lisais en espérant retrouver les mêmes émotions que dans l'autre ... c'était peut-être pas une bonne idée.
Mais pour quelqu'un qui aime le réalisme de guerre, c'est un texte tout trouvé ! (je relativise, je relativise ... j'essaie du moins)

C'est tout !
Merci de votre attention. Qui a ronflé au fait ? C'était pas agréable hein.

Bon, j'ai faim, j'ai rien à bouffer, j'suis pas rentrée chez moi avant deux bonnes heures alors je commence à être grognonne !

Au fait, ça te dis de parler de ta PAL avec moi ?
Si oui, clique là : attentionpiègeàcon
Si non, clique là : attentionpiègeàcon

Bouhéhéhéhéhéhé

4 commentaires:

  1. Bonn ben, euh, ça me tente pas trop. J'ai un peu de mal avec la littérature asiatique (tout confondu bien sur). Même si l'histoire semble plutôt belle et touchante, j'avoue que j'arrive pas trop à accrocher. Je note tout de même pour plus tard. Qui sait, un jour, je serais peut être plus à même de le lire. En attendant, j'ai même pas ronflé en lisant ton billet, j'ai plutôt esquissé un minuscule sourire du coin de la bouche, mais pas trop car sinon, je vais me faire une ride et j'en ai pas encore malgré mon grand âge. Le coeur y est en tout cas :-D....
    Allez, j'ai fini de polluer aussi ce billet :-D.

    Bisous coupiiiine.

    Marjorie (la seule blablabla tu as l'habitude)

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    1. Tout ne peut pas plaire à tout le monde ! J'ai conscience qu'en chroniquant un texte pareil, je ne risque pas d'intéresser grand monde, mais c'est un texte qui me tient à coeur :D Par contre ... je ne pense que ce texte puisse te plaire ... enfin on sait jamais hein bien sûr, faut pas mettre la charrue avant les vaches, mais sincèrement, je crois que celui-ci, tu peux passer :P
      Par contre, là où j'suis triste, c'est que t'as à peine ri :(
      hé hé
      Je rigole, je l'ai fais moins drôle que les autres celui-là, je le sais :)
      Merci en tout cas pour ce chouette billet pollué, il me plait beaucoup ;)
      bisooooouuuuuus !!!

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  2. Je ne connais pas du tout l'auteur, mais le premier livre que tu commentes m'a l'air intéressant ! (beaucoup moins le deuxième, le réalisme de guerre et moi, ça fait deux !) Merci pour la découverte !!
    Bonnes lectures !!

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    1. Merci à toi de t'être intéressé à cette chronique, et surtout de t'intéresser, maintenant, à ce livre ! Si un jour tu le lis, tu verras la magie, la beauté et la cruauté de l'histoire, de la musique, de la passion et de l'humanité :) (merde o.O j'aurais dû mettre ça dans la chronique nom d'un chat !!!)
      Merci à toi :3

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